Une nuit avec Faith

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Ils montaient l’escalier laborieusement. Connor n’était déjà pas très habile, alors monter des escaliers en colimaçon tout en essayant de déshabiller la jeune créature qui l’accompagnait, ça relevait de la mission gouvernementale. Le garde du corps faillit s’y mêler en essayant de les porter.

  • Connor : Nan mais, tu fais quoi là ? J’te paye pas pour que tu palpes le corps de mes connaissances. Vire de là. Et puis redescends en bas en fait, je vais y arriver tout seul…

A peine avait-il fini sa phrase que sa bouche rencontra celle de sa partenaire et s’y prit d’affection pendant encore une bonne dizaine de secondes. Il devait en profiter. Elle n’était pas spécialement belle, mais très adroite et pleine d’initiative.

Ils étaient surtout gorgés d’alcool et de drogues. Il le savait. Mais la nuit précédant le dernier jour de la décade était réservée à la beuverie, partout à Tlesz. Flics, politiciens, gangers. Seules les prostituées et les barmen n’y avaient pas le droit. Mais dans une décade, c’est le soir où ils se font le plus de thunes. Et de loin. Mais ce n’était pas bien important. L’autre brute gardait l’escalier et Connor savait être prudent, même bourré. Il avait apprit plein de choses sur cette nana toute la soirée, entre deux baisers. Au bout de quelques verres et rails de poudre, elle s’était lassée de contourner ses questions et avait ensuite répondu beaucoup plus facilement.

Connor était un bon espion, il avait plusieurs fois démasqué des traîtres autour de lui et les avait fait exécuter sur le champ. Un cadavre de plus pour les bas fond de Tlesz. D’ailleurs, même s’il ne soupçonnait plus vraiment cette Faith d’être une espionne, une flic ou une assassine, il trouvait de plus en plus nécessaire de l’exécuter quand même. Il pourrait s’attacher facilement à une fille comme elle. Et il ne fallait absolument pas qu’il foire tout à cause de sa bite.

Sortant de ses pensées, il remarqua qu’il était allongé, le dos contre son lit. Faith était debout devant lui, versant le contenu d’une bouteille d’alcool dans sa bouche pulpeuse. Après une bonne gorgée, elle la laissa tomber sur le sol et débuta la lente opération de déboutonnage de chemisier. Connor trouvait ça toujours trop long. Et en plus elle faisait durer la chose. Très bien.

  • Connor : Tu sais qui je suis ? C’que je représente ?
  • Faith : (premier bouton) Ah… C’est le moment où tu vas faire preuve de charme, 4h trop tard. Il fallait être plus bavard tout à l’heure... Maintenant… (deuxième bouton) moins tu parleras, mieux ce sera.
  • Connor : Tu n’as pas répondu à ma question.

Elle fit un tour sur elle-même en décrochant sa ceinture, laissant tomber sa jupe à ses pieds. Elle s’en écarta en approchant la bouteille qu’elle saisit en se baissant langoureusement.

  • Connor : C’est une très belle vue que tu m’offres là.
  • Faith : Surement quelqu’un de riche, tu n’aurais pas de garde du corps sinon. Je t’offre plus qu’une vue, tu ne sais juste pas recevoir.
  • Connor : C’est tout ?

Elle marqua une pause. Connor sourit. Elle reposa la bouteille et se retourna. Son sourire était devenu moins accentué mais plus franc.

  • Faith : Je sais que tu travailles pour le Président. Et j’espèrerais que tu sois un peu plus discret avec, qu’on n’ait pas besoin d’en parler. Juste sortir ensemble le soir, et je sais que le gouvernement paye bien, donc je me dis que tu as les capacités de me payer le restaurant et renouveler ma garde robe. On peut en parler demain ?
  • Connor : Entendu. Viens là.

Elle finit de déboutonner son chemisier beaucoup plus rapidement, puis débuta une lente montée du lit à quatre pattes pour enfin arriver à son niveau.

  • Faith : Ca c’est plus intéressant.
  • Connor : Juste un petit détail...

Il les bascula afin de se retrouver au dessus. Il préfère lorsqu’elles sont en dessous, elles font moins de folies. Il lui donna un baiser tout en finissant de la déshabiller. Après quelques secondes, elle retira sa langue. Ce n’était pas elle tout à l’heure qui ne voulait pas qu’ils parlent ?

  • Faith : J’ai juste… une petite requête.
  • Connor : (soupir) Je t’écoute.
  • Faith : J’aimerais juste… te dire quelque chose…
  • Connor : … Qu’est-ce qu’il y a ?
  • Faith : Leder… tu m’as manqué…
  • Connor : Leder ? Mais je…

Il eut juste le temps de sentir le métal glacé sur sa nuque. Faith souleva son bras et se dégagea du lit.

  • Leder : Désolé, tu n’auras pas de digne enterrement chez toi. Tu pourriras ici, au milieu des rats.
  • Connor : Sale bâtard de…

Le son de sa voix se dispersa – à l’instar de son cerveau – couvert par le peu de bruit qu’avait fait la détonation. Pendant quelques instants, il n’y eut plus rien d’important excepté cette jubilation. Les trois silhouettes restaient extérieurement impassibles. Intérieurement, elles bouillonnaient. Ces meurtres avaient un but. Mais même sans but, ils pourraient continuer des cycles et des cycles.

  • Zeal : C’est génial ces silencieux.
  • Faith : Tu marches sur ma jupe.
  • Zeal : Ah ouais, nan mais j’me disais que t’aurais pu rester comme ça en fait…
  • Leder : On doit retourner au bar et je viens de laver le sol, si on pouvait éviter de rameuter tous les clodos et/ou pervers, je serais heureux.
  • Zeal : T’es déjà heureux… chef.

Il contempla le corps inerte de Connor.

  • Leder : En effet … Passons au prochain, les explosifs sont au bar.